Avec Sarkosy, nous irons tous au paradis
Je m’appelle Jésus
Ma retraite, ça ne sera pas le paradis !
J’ai 30 ans. Je suis entré comme secrétaire administratif à la Ville de Paris il y a un peu plus d’un an après avoir échoué à plusieurs concours niveau licence. J’ai un master de sociologie, soit cinq années d’études après le bac, mais je n’ai pas pu trouvé de travail dans mon domaine.
La retraite à 60 ans, pour moi, c’est un peu comme le paradis perdu. Même à 67 ans en tenant compte de mes 12 trimestres validés par la sécurité sociale, je n’aurai pas mes annuités complètes.
Avec mon diplôme, je suis bien placé pour savoir que 80% de ma génération ne totalisera pas 42 annuités, même à 62 ans. Allongement des études, multiplication des stages, des contrats courts se traduisent par le recul de l’âge du premier emploi stable: 27 ans actuellement.
Je peux valider mes cinq années d’étude… mais pour le rachat de 12 trimestres, ça me coûtera plus d’un an de salaire… et encore c’est moitié moins cher que pour les collègues plus âgés.
Il est vraiment impératif que les périodes d’étude et de précarité soient prises en compte dans les droits à pension. Je suis d’accord avec la FSU qui exige la validation gratuite des années d’étude dans la durée d’assurance.
Je suis aussi très inquiet du mode de calcul des retraites. L’indexation des retraites sur les prix décidée en 2003 a programmé un appauvrissement relatif des retraités car la progression de leur pouvoir d'achat est bloquée. C’est un mensonge évident du gouvernement de dire qu’il n’y aura pas de baisse des pensions, puisque celles-ci ne suivront pas la hausse de la richesse nationale et cette baisse des pensions n’est pas acceptable.
L’argument démographique n’a d’ailleurs pas beaucoup de sens. Les projections varient d’une année à l’autre et surtout cela fait des siècles que l'allongement de la durée de vie s'accompagne de la réduction du temps de travail et de l'augmentation du temps pour soi. Au nom de quoi devrait-on inverser cette tendance ?
Il n'y a aucune catastrophe démographique; en revanche se pose la question des richesses produites et de leur répartition!
Au bout de 20 ans de retraite, une pension aura perdu 25 % de sa valeur par rapport au revenu des actifs. Mes parents m’ont aidé pour mes études, mais je crains de devoir aider mes parents plus tard.
Je pense qu’il faut avoir des ressources stables en augmentant le niveau des cotisations employeurs et les salaires. Compte tenu de l’augmentation de la richesse nationale et de la productivité, cela me semble tout à fait possible.
Pour le moment, dans la fonction publique, c’est le contraire qui se produit. Mon traitement brut c’est à peine 40 euros de plus qu’un collègue adjoint administratif titulaire recruté à l’échelle 3. En 1980, le traitement de début de catégorie B (stage) était de180 % du SMIC. Aujourd'hui, c'est le traitement de fin de 3ème grade qui est à ce niveau !
Je ne sais pas si un agent de catégorie B était un privilégié en 1980, mais en tout cas, c’est clair qu’il ne l’est plus !
Il faut désormais à un agent toute une carrière (à condition d’arriver au dernier échelon du troisième grade) pour parvenir au pouvoir d’achat qui était le sien lors de l’entrée en stage.
Evidemment, comme secrétaire administratif je peux m’en sortir mieux que d’autres et je réussirai peut-être un concours interne d’attachés, mais la réforme de la catégorie B a rallongé la carrière et l’a transformé en véritable parcours d’obstacle pour les plus jeunes. Il me faudra passer deux concours pour pouvoir prétendre à la classe exceptionnelle et les ratios promus/promouvables s’ils ne sont pas de 100% sont des obstacles évidents à la réussite.
Alors je serai en grève le 7 septembre… pour moi bien évidemment, mais aussi pour tous mes collègues de catégorie C, pour les non titulaires et puis pour mes parents.
Quand j’étais à l’université, en 2006, nous avons réussi avec les salariés du public et du privé à faire reculer le gouvernement sur le CPE le contrat premier embauche… C’est comme ça que je crois qu’il faut faire pour obtenir le retrait de ce projet de loi sur les retraites.