RFID à Paris : Réponse des hautes autorités

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 Le texte suivant, rapport de Mrs Salsa et Utard, a été envoyé aux chefs d'établissements accompagné d'une note de Mr  Pilon.

Cet argumentaire semble une réponse au texte "la RFID une mauvaise idée pour Paris" publié il y a quelques semaines.


La RFID dans les bibliothèques de la Ville de Paris

 

 

La situation en septembre 2008 dans les bibliothèques de Paris

 

Cette technologie a pour l’instant été déployée sur deux établissements nouveaux, ouverts au début de l’année 2008 : la bibliothèque Chaptal dans le 9e et la Médiathèque Marguerite Yourcenar dans le 15e Ce déploiement est d’ailleurs incomplet : le vieux SIGB dont sont équipés les bibliothèques de prêt de Paris devant être changé au tout début 2009, il n’a pas été possible de mettre en service des automates de prêt.

 

La mise en place du futur SIGB corrigera le manque évident d’ergonomie du couplage actuel GEAC/RFID en assurant :

- un écran plus lisible, toutes les informations étant rassemblée dans une seule fenêtre système ;

- le passage immédiat à la lecture douchette sans autre intervention sur l’écran en cas de problème de lecture RFID ;

- l’activation des automates de prêts, qui diminueront la pression sur la banque de prêt.

 

Les marchés actuels de fournitures

 

Le marché principal, notifié il y a quelques mois pour 3 ans, a été précédé d’un marché en procédure adaptée, destinée à effectuer une phase expérimentale en grandeur réelle, afin de confirmer, infirmer ou infléchir les orientations générales et les options prises. La conception du second marché a bien entendu tenu compte des résultats du premier marché.

 

Les fournisseurs sont concurrents (obligation de marché public), mais cette concurrence porte sur des fournitures similaires et compatibles, parce que normalisées. Il n’y a donc aucune incompatibilité entre les différents produits des différents fournisseurs.

 

En revanche, il est vrai que les normes d’encodage d’antivol ont changé. Il existait, en effet, il y a deux ans, deux approches de la gestion de l’antivol. Ces deux « normes », EAS et AFI,  ne peuvent être utilisées simultanément.

 

Les puces du premier marché ont alors été choisies parce qu’elles offraient, au choix les deux modes d’encodage. La gestion par EAS avait alors été retenu pour ces puces, parce qu’elle semblait un peu plus performante.

 

Mais depuis, la gestion AFI a été normalisée par l’ISO, et l’EAS est aujourd’hui en voie d’abandon par les fabricants. Lors de l’attribution du nouveau marché, c’est donc la gestion par AFI qui a été retenue, naturellement.

 

La gestion de l’antivol des puces du premier marché a donc été modifiée, pour les deux établissements ouverts au public : la modification pour Yourcenar a eu lieu avant son ouverture, celle pour Chaptal a eu lieu dans la journée du 28 août.

 

Il reste aujourd’hui à modifier la gestion de l’antivol pour Truffaut, avant son ouverture, et pour Réunion dès que la procédure aura été vue avec sa responsable. Les bibliothèques Picpus, Duras et Flandre ont été gérées d’entrée avec le mode AFI.

 

La question de ces deux normes d’encodage était donc connue, assumée, gérée et son traitement planifié. Et bien évidemment, la compatibilité sera assurée entre toutes les bibliothèques de Paris.

 

Code-barres et puces RFID

 

Les bibliothèques de prêt de la Ville de Paris possèdent près de 3,5 millions de documents. Cette donnée est la première à prendre en considération. Au contraire d’une bibliothèque entièrement nouvelle, il va falloir gérer pendant des années un réseau hybride où se côtoieront des documents et des établissements équipés en technologie magnétique et d’autres en technologie RFID.

 

Cette situation a été déterminante pour choisir les options sur la façon dont les puces seront utilisées :

- Le SIGB reste maître des informations documentaires et du lien entre l’usager et les documents empruntés ;

- aucune autre information que le numéro d’exemplaire et le numéro national d’établissement (RFBN) n’est embarquée sur les puces RFID (ce qui garantit la confidentialité des transactions effectuées par les emprunteurs et est une précaution contre toute destruction de la puce) ;

- L’unicité du numéro d’exemplaire reste garantie par le fournisseur de code-barres et elle n’est pas confiée au SIGB, qui n’a pas la possibilité d’inscrire de façon fiable sur les documents un numéro unique si celui-ci n’est pas équipé en RFID ;

- Le code-barre du numéro d’exemplaire reste visible, y compris en clair (chiffres lisibles à l’œil), sur tous les documents, même équipés en RFID, de façon à permettre l’identification du document en dehors d’un lieu équipé en RFID et à autoriser un mode dégradé pour le prêt et le retour, (lecture douchette ou lecture visuelle) en cas de dysfonctionnement d’un élément de la chaîne RFID (étiquettes ou platine).

 

Équipement et lecture des puces RFID

 

La RFID est une technologie encore en évolution et il est parfaitement exact que certains inconvénients n’ont pas encore à ce jour de solutions efficaces.

 

Il existe en effet un problème de collision entre les signaux émis par les puces si celles-ci se trouvent placées à moins d’1,5 millimètres l’une de l’autre. C’est le cas pour certains coffrets de disque, de DVD et de méthodes de langue. Toutes les bibliothèques équipées en France connaissent ce problème qu’elles résolvent de manière différente :

 

« Le plus gros problème dans la « RFIDisation » des CDs réside dans les boîtiers comprenant plusieurs CDs. En effet si les Cds se superposent dans le coffret le taux de détection diminue grandement, voire devient nul. La solution apportée à ce problème est fonction de la politique de l’établissement, qui peut choisir soit d’avoir une très bonne sécurité antivol soit une bonne fluidité dans la gestion des prêts/retours. Dans le deuxième cas on emploi une seule puce posée sur un CD du coffret et ensuite on pose des leurres sur les autres supports. Dans le premier cas il faut mettre une puce booster sur chaque CD mais aussi acheter des boîtiers qui décalent les CDs, un fractionnement et un reconditionnement du coffret est nécessaire ainsi que le blocage du prêt sur les automates.

Cependant il faut savoir que les coffrets de plus de 3 CDs ne représentent en moyenne que 3% de la collection multimédia ». (Témoignage de Sarah Toulouse de la médiathèque des Champs libres, Rennes-Métropole, à la journée de l’ADDNB du 14 mai 2007 à Alfortville).

 

Une première solution consiste à mettre en place un équipement spécifique  sur les coffrets de 2 ou 3 CD, qui se présente comme une sorte d’étiquette grand format, composée seulement d’une antenne, et vient compléter les antennes contenues dans les étiquettes équipant les CD. En attendant une possible mise en place systématique de ce « suractiveur », les agents en auront à leur libre disposition sur la banque de prêt : il suffit alors de prendre cet équipement et de le placer sur les coffrets de plusieurs CD ou DVD (facilement repérables lors de la manipulation) ; le taux d’échec à la lecture diminue considérablement.

 

Une autre solution est à l’étude, chez les fabricants, pour tenter de régler ce problème, en recourrant à une nouvelle forme d’étiquettes et en équipant les documents avec des étiquettes qui n’ont pas le même format et dont les signaux ne se recouperaient pas.

 

Ces deux solutions feront l’objet d’études et de tests ainsi que d’une évaluation financière.

 

De même les livres à couverture métallique posent aussi des problèmes de brouillage du signal émis par la puce (la collection SF chez Laffont, par exemple) et à ce jour, aucune approche «technique» n’a donné de résultats probants pour les livres à couverture métallisée La solution consiste à faire une reliure par remboîtage de ces livres avec suppression de la majeure partie de la couverture métallique et son remplacement par une photocopie. Ce type de livres est, cependant, extrêmement minoritaire dans les collections (une vingtaine de titres dans les collections de Yourcenar !).

 

Tous ces problèmes d’équipement seront listés par un groupe de travail. Ce groupe d’échanges et de paroles, inter établissements, SDE et SPR, interviendra sur l’ensemble des questions techniques que pose la RFID (choix d’équipements, bonnes pratiques) et il s’attachera à trouver des solutions pragmatiques (y compris les trucs et astuces pratiques).

 

De ce point de vue, il faut rappeler qu’il n’existe aucune solution antivol miracle : les puces comme auparavant les languettes magnétiques peuvent être arrachées, un éventuel «suréquipement» des DVD (étiquette de propriété, pelliculage, marquage divers, plus antivol) peut empêcher des usagers de lire leurs DVD empruntés sur divers types d’appareils : lecteur DVD de salon, ordinateur fixe ou portable, console de jeux. Ces problèmes trouveront, au sein du groupe de travail, leurs solutions au fur et à mesure. Mais il est faux de dire qu’il est dû aux puces RFID qui sont plus minces que les languettes antivol actuelles.

 

Si pour l’instant, le temps passé à l’équipement d’un document reste le même, qu’il soit protégé par des puces ou des languettes, quand le tiers des établissements sera passé à la RFID, il est prévu que tous les documents nouveaux soient systématiquement équipés soit par le SDE soit par des relieurs extérieurs, de façon à ce que la phase de rééquipement soit limitée pour les établissement rejoignant la technologie les années suivantes. Pour les livres nouveaux équipés par ce biais, la puce sera prise dans le dispositif de protection du livre et sera de ce fait quasi invisible, le taux de renouvellement des documents permettant d’envisager que dans une dizaine d’années, le taux de puce « visibles » et donc arrachables sera très réduit.

 

Les problèmes réels, aujourd’hui rencontrés à la Médiathèque Marguerite Yourcenar, où les platines de reconnaissance interfèrent parfois entre elles et où des documents passent d’une carte de lecteur à une autre, n’ont été rapportés nulle part ailleurs. La configuration générale de la banque  incite tout d’abord à des positions de travail peu adaptées à la bonne lecture des documents sur la platine, ce qu’il convient de corriger au mieux. En outre, des usagers ont tendance à poser leurs documents entre les postes de travail, et les parties métalliques de la banque de prêt, ce qui pourrait jouer un effet de miroir sur le champ de lecture des platines. Ces problèmes sont pris en compte. Ils imposeront une nouvelle banque de prêt, dont les caractéristiques sont examinées actuellement par l’équipe de la médiathèque.

 

Conclusion

 

De plus en plus de bibliothèques s’équipent aujourd’hui en RFID et cet équipement intègre le plus souvent des automates.

 

En France, les exemples les plus connus sont ceux de la Médiathèque des Champs libres à Renne (les Champs libres : http://www.youtube.com/watch?v=9iVCPU_y20I ) ou de Calais mais on peut également citer Strasbourg, Besançon, Limoges, Toulouse, Marseille. Sur l’Ile de France, Saint-Germain-en-Laye, Nogent-sur-Marne, Mantes-la-Jolie, Clamart, Villepinte, Choisy-le-Roi, Massy, Alfortville, sans oublier la bibliothèque du Sénat et les médiathèques de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine et de la Cité de la musique, la BU de Paris 3 et la prochaine bibliothèque Sainte Barbe à Paris intra-muros sont également équipées en RFID.

 

Les bibliothèques de la Ville de Paris s’insèrent dans ce mouvement général de modernisation des organisations et services des bibliothèques.

 

 

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Publié dans BIBLIOTHEQUES

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