SST : La Sécurité et Santé au Travail à la Ville de Paris

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POUR UNE VERITABLE POLITIQUE

DE SANTE AU TRAVAIL A PARIS !

 

 

Depuis plusieurs semaines, les organisations syndicales rencontrent la DRH de la Mairie de Paris dans le cadre d’une réflexion sur la santé et la sécurité au travail.

 

La Ville de Paris souhaite aboutir à la signature d’un accord redéfinissant ses engagements en Santé Sécurité au Travail (SST) pour les années à venir.

 

Le Supap-FSU s’interroge sur la motivation de cette démarche car la Ville ne donne pas, parallèlement, de vrais signes d’un engagement à changer sa politique en matière de santé et de sécurité de ses personnels. La signature de cet accord cadre ne sera pertinent que si la ville, dés à présent, prouve qu’elle est décidée à :

 

RESPECTER ET METTRE EN ŒUVRE SES OBLIGATIONS LEGALES.

La Ville de Paris ne peut promettre une gestion de la santé au travail efficace, si elle ne respecte déjà pas ses obligations légales (Document Unique inexistant ou incomplet, visite médicale aléatoire, exercice incendie en attente…)

 

SE DOTER DE MOYENS HUMAINS ET FINANCIERS CONSEQUENTS ET DE PERSONNELS EN NOMBRE SUFFISANT.

Pas de santé au travail sans effectifs en nombre suffisant. Les suppressions d’emploi dans les services, l’augmentation de la charge de travail sont source de stress, de maladies et d’accident de travail. La Maire de Paris doit créer les emplois nécessaires pour le service public et des conditions de travail respectueuses des agents..

La mise en œuvre d’un tel accord ne peut avoir lieu sans le déploiement de moyens humains et financiers conséquents.

Aujourd’hui, la DRH annonce 14 postes de médecins du travail alors qu’elle admet qu’il en faudrait 19. Le SUPAP-FSU estime à près de 30 le besoin réel pour satisfaire à toutes les obligations de la Ville (visites médicales, tiers-temps). La somme allouée sur les crédits délégués aux formations SST est en baisse.

 

HARMONISER LES PRATIQUES SST DANS LE RESPECT DES SPECIFICITES DES DIRECTIONS

Les bureaux de prévention, les missions « hygiène et sécurité » et les CHS de direction doivent continuer à déterminer leurs priorités dans les questions de santé, sans que leurs problèmes spécifiques ne soient relégués derrière les grandes thématiques décidées par la DRH. Pour certains agents, traiter le problème des poussières de bois ou des chloramines est plus important que décliner dans leur direction une charte alcool. 

 

S’APPUYER SUR UN VERITABLE RESEAU DE PREVENTION

Beaucoup de directions sont encore sans bureau de prévention des risques professionnels. Le nombre de relais de prévention, d’animateurs de prévention est clairement sous évalué. Certaines directions attendent leurs d’animateurs de prévention, postes pourtant votés en Comité Hygiène et Sécurité (CHS). Pourquoi est-il si difficile lorsque l’on siége dans les CHS d’obtenir les formations que la Ville nous doit ? Pourquoi les membres de l’administration et les élus qui siégent dans ces mêmes instances ne trouvent-ils jamais le temps de se former ou s’intéresser à tout le moins aux domaines de l’hygiène et la sécurité ?

 

REDONNER AU CHS DE DIRECTION SON ROLE PLEIN ET ENTIER

Les décisions votées dans le cadre des CHS ne sont que des avis que le Maire choisit d’appliquer ou pas. Mais elles sont pourtant le fruit de l’analyse des situations de terrain qu’il serait insensé de persévérer à nier. Les élus, présidents des CHS doivent avoir à cœur de faire respecter le fonctionnement de cette instance. Ne pas traiter des droits de retrait, ne pas diligenter des enquêtes lors d’accidents graves sont des fautes politiques graves qui prouvent leur ignorance en matière de protection des agents.

ENTRER ENFIN DANS LA MODERNITE, LA VRAIE… PAS L’IDEOLOGIQUE !

Non, les « open space » ne sont pas la façon la plus innovante de favoriser le bien être au travail.

Non, le « WIFI » n’est pas la façon  la moins dangereuse pour permettre de communiquer.

Oui, il existe des risques environnementaux et des risques émergents et aucun « Elu aux nouvelles technologies » ne peut nier cette réalité.

 

OUVRIR ENFIN LES YEUX SUR LES DERIVES MANAGERIALES

Il est pour le moins paradoxal que la Ville de Paris s’engage à traiter de la souffrance au travail alors qu’elle génère par sa propre gestion des ressources humaines et ses options managériales des situations de « mal être » inacceptables

L’accord cadre qu’elle souhaite si ardemment est incompatible avec les baisses drastiques des moyens humains et matériels, et les méthodes de management uniquement tournées vers la réduction des coûts ou la rentabilité.

La Ville de Paris connaît un accroissement du nombre d’agents poussés à bout, jusqu’au suicide parfois. Pourtant l’administration refuse de faire le lien avec un management destructeur.

Ne pas décider d’agir sur les facteurs managériaux de ces troubles psycho sociaux en augmentation est criminel ! Les directions et les élus ne peuvent avoir la main mise sur cette question, et occulter cette réalité si dérangeante.

Dans ce contexte, proposer de  convoquer systématiquement les agents absents plus de 20 jours pour raison médicale comme veut le mettre en place la Ville de Paris est tout simplement scandaleux.

 

NOTRE SYNDICAT NE SIGNERA PAS CET ACCORD SI DES DISPOSITIONS CLAIRES ET SERIEUSES SUR CES DIFFERENTS POINTS NE SONT PAS PRISES ET MISES EN ŒUVRE RAPIDEMENT.

 

POUR LE SUPAP, L’ACCORD CADRE SUR LA SANTE DES AGENTS NE DOIT PAS ETRE UNE NOTE ADMINSITRATIVE DE PLUS !

 

Voir aussi sur tout ces sujets :

L'amiante:  link

Les électrosensibles:  link      et     link   et surtout : link

Les dépassements d'horaires: link

Les produits dangeureux: link

Les accidents de trajet : link

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Alain Astouric 02/06/2011 06:13



Bonjour,


Souffrance au travail : pourquoi et comment en est-on arrivé là ?


http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/souffrance-au-travail-vii-92644


Cordialement