Réunion interbibliothèques des gens en lutte

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Voici, le compte-rendu rapide de la réunion qui a eu lieu lundi 18 janvier 2010, dans les locaux syndicaux de la BnF pour la convergence des luttes entre les différentes bibliothèques publiques de Paris et d'Ile-de-France. Il y a peut-être des erreurs que nous, personnels de la BnF, avons commises faute d'avoir bien saisi les différents propos des collègues, techniques notamment, chaque bibliothèque ayant sa spécifité (souvent enflée à souhait par l'administration selon le vieil adage "diviser pour mieux régner"...). Aussi n'hésitez pas à le faire remarquer, que nous améliorions ce texte et notre vision commune des choses.
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> Cordialement et en espérant que plusieurs d'entre nous se retrouve de nouveau demain,
> Les membres de la BnF présents l'autre soir (Bénédicte Hamon, Boris Ratel, Cédric Dameron, Jean-François Besançon, Maud Bonnefon, Olivier Lagrandeur et Sébastien Le Chevère)

Suite aux différentes remarques qui ont été faites sur le compte-rendu de la réunion du lundi 18 janvier, en voici une version modifiée, qui intégre les amendements proposés. Vous pouvez continuer à en faire si vous le souhaitez avant diffusion plus large éventuellement de ce texte.
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> Par ailleurs, étant donné que nous n'avons pas reçu les précédents messages, est-ce que quelqu'un pourrait redonner le lieu et l'heure exact de la prochaine réunion des bibliothèques en lutte, mercredi ? Merci d'avance et merci aussi de ne pas oublier nos adresses mails dans la liste d'envois.
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> Salutations Syndicalistes. 

SUD Culture Solidaires
> Section de la Bibliothèque Nationale de France


Réunion interbibliothèques des gens en lutte tenue le 18 janvier 2010

dans les locaux syndicaux de la Bibliothèque nationale de France.

 

Pour une première, cette réunion a connu et une affluence et une diversité de provenance non négligeables. La répartition s'effectue comme suit : 2 personnes pour la BPI , 2 pour la Bibliothèque Sainte-Geneviève , 2 pour la Bibliothèque Sainte-Barbe , 8 pour la BULAC , 1 pour les Bibliothèques de la Ville de Paris et enfin 7 pour la BnF.

Un tour de table est entamé, non sans avoir salué unanimement auparavant la lutte, exemplaire bien que non couronnée de succès, des personnels de la BPI dans le cadre de la lutte contre la RGPP. Sur place, un collectif s'était créé cet hiver contre les vues des dirigeants syndicaux locaux, peu enclins à une lutte sociale forte. Pour résumer l'affaire, "Rien ne s'obtient tout seul !", s'exclame devant l'assemblée Yannick Henrio (FSU).

 

A Sainte-Barbe, établissement ouvert en 2009 et qui emploie aux deux tiers des précaires (contractuels et moniteurs-étudiants), on constate non seulement de gros problèmes de planning en raison du trop petit nombre de personnel et de l'amplitude horaire importante, mais aussi et surtout le personnel estime que l'établissement ne peut fonctionner sur la durée avec une configuration salariale telle que celle-ci. Il avait été prévu 40 titulaires, nous sommes 21. Les contractuels font deux fois plus de service public que les autres. Le personnel bouge déjà beaucoup, ce qui pose des problèmes de formation et de ce fait un problème de qualité de service rendu.

La RGPP n'est pas encore d'actualité au Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche : il est donc nécessaire de sensibiliser ces personnels à cette question, à laquelle certains ne se sentent pour l'instant pas concernés.

Sainte-Geneviève paraît moins touchée que les autres établissements mais c'est surtout parce que les personnels les plus revendicatifs s'en vont, amers, les uns après les autres, souligne Gilles Meyer. Aussi est-il dur de faire grève plus d'un jour dans ce lieu réputé comme l'un des pires de la capitale quant aux conditions de travail des magasiniers.

A la Ville de Paris, le problème est tout autre puisqu'il s'agit d'une sorte de bibliothèque territoriale à part dans un ensemble qui comprend 60 000 agents don des bibliothèques spécialisées qui fonctionnent séparément. Depuis longtemps, le maire de Paris, Delanoë, est l'ennemi notoire du SUPAP-FSU (scission locale de la CFDT depuis 2002) auquel il a supprimé son local et qu'il n'a jamais voulu reconnaître avant 2005, année où il dut plier. Célèbre pour sa lutte contre le Wi-Fi dans différentes bibliothèques, le personnel des bibliothèques de la Ville de Paris a connu une grosse grève le mercredi 18 novembre 2009 et un fort mécontentement règne dans ses rangs. La menace principale qui pèse sur les bibliothèques municipales parisiennes vient de la division en quatre secteurs géographiques, que souhaiterait à tout prix réaliser la Mairie , le tout accompagné d'une mutualisation des fonctionnaires, ce qui permettrait au passage de fermer plusieurs petites bibliothèques (ex : celle de Vaugirard, dont la fin est ardemment souhaité par le PS du XVe arrondissement) et de faire ainsi des économies substantielles.

 

La BULAC est un regroupement de plusieurs bibliothèques (23 prévues à l'origine, mais seules quelques unes rejoignent finalement le projet, l'ancienne BIULO - sous tutelle Paris III jusqu'au 31/12/2009 – apportant l'essentiel des collections et du personnel).Elle est en grève le mardi 19 janvier 2010 : il s'agit du premier mouvement mené dans cet établissement sur des revendications internes. Les contractuels forment une très grosse partie du personnel (50% des acquéreurs catalogueurs, avec des CDD, CDI et contrats étudiants, la plupart recrutés sur des temps partiels).Plus de 100 langues sont présentes au sein des collections mais, suite au manque de moyens, seules 23 d'entre elles font l'objet d'acquisitions et d'un traitement sur la durée. Depuis peu le recours au contrat étudiant s'y généralise, notamment pour des tâches de haute qualification (acquisitions en langues rares). Cela n'est pas sans dérive, un membre du personnel en CDD, déjà diplômé, s'étant vu encouragé à s'inscrire à l'université s'il voulait voir son CDD renouvellé sous forme de contrat étudiant, moins avantageux que son précédent contrat. La BULAC est actuellement gérée par un GIP (Groupement d'intérêt public). Depuis juin dernier, le personnel est représenté au sein d'un CPC (comité paritaire consultatif) et deux représentants du personnel siègent comme invités au Conseil d'Administration. Il n'y a pas de CHS. Une assemblée générale est prévue le mardi 19 janvier 2010, rue de Lille, à 15h00

Cédric Dameron présente enfin le cas de la BnF et insiste sur les problèmes de budget, de suppression de postes, d'externalisation et de précarité. Le lien avec le lecteur est primordial selon lui afin que ce dernier puisse comprendre la lutte des personnels, chez lesquels le côté négatif, oppresseur et destructeur de la RGPP est profondément et assez largement ressenti. A la différence des autres bibliothèques, les négociations avec la direction ont généralement lieu assez rapidement à la BnF , ce qui permet de légères avancées (notamment sur l'externalisation et la précarité). Projet stupéfiant, la partie haute de la BnF , ouverte à un large public et appelée Haut-de-Jardin, risque de se transformer à terme en une sorte d'espace culture de centre commercial, s'indigne Bénédicte Hamon ! Pour finir, un appel à se solidariser est émis. La réunion se termine alors et les différents protagonistes promettent de ne pas en rester là et de se revoir dès le 21 janvier suivant à l’occasion de la manifestation contre la RGPP où la coordination défilera pour la première fois au sein du pôle Culture (rdv 14h30 métro Temple). 

Publié dans BIBLIOTHEQUES

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supap 24/01/2010 15:41


Voir aussi le texte d'appel sur
http://bibliothequesenlutte.wordpress.com/2010/01/20/appel-des-bibliotheques-en-lutte/