Retraite chapeau: Delanoë, un retraité heureux !

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Je m’appelle Jacques

Ma retraite ne sera pas présidentielle

 

Je m’appelle Jacques, j’ai 51 ans  je suis rentré à la Ville de Paris en janvier 1979 à la Direction de la jeunesse et des sports. comme ouvrier professionnel avec un traitement au niveau du SMIC.

Maintenant, je suis au 11ème échelon de l’échelle 4 à l’indice majoré 369. Au bout de 30 ans de carrière, mon traitement indiciaire est de 25% au dessus du SMIC.

La réforme, elle va reculer mon âge de départ à la retraite de deux ans, alors que j’aurai eu toutes mes annuités à 60 ans. C’est dire que cette réforme ne me fait pas plaisir !

J’ai eu de la chance, mais de nombreux collègues ont les poumons mangés par le chlore  et rien ne dit qu’ils bénéficieront d’un départ anticipé à 60 ans.

Ceux qui rendent le travail invivable cherchent à esquiver leurs responsabilités.

La pénibilité ne serait reconnue qu’à ceux des salariés apportant la preuve d’une usure physique professionnelle particulière, bref à ceux qui sont déjà malades ou inaptes au moment de la retraite Ce n’est pas acceptable ! Il faut améliorer les conditions de travail, revenir à un dispositif de CPA (cessation progressive d’activité) plus accessible et attractif, permettre des départs anticipés à partir de critères objectifs.

 

Je suis très inquiet du  niveau de ma pension, d’autant qu’avec les ratios/promus promouvables actuels pour les adjoints techniques, je suis certain de ne pas aller au bout de l’échelle 6, ni  même d’y être nommé un jour.

En admettant que je termine au 12ème échelon de l’échelle 5, à l’indice 392, je peux compter sur une retraite de 1360 euros soit environs 1250 euros net. Ce n’est pas beaucoup.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que ma retraite ne tiendra pas compte de l’évolution des grilles de la fonction publique comme c’était le cas avant 2003. Alors dans quelques années ma retraite alignée sur l’augmentation de l’indice des prix sera au niveau du SMIC.

Je m’appelle Jacques, mais je n’aurais pas une retraite présidentielle. Que notre pays exprime sa reconnaissance à ceux qui ont servi la République se comprend… mais avant d’apprendre que notre ancien président et Maire de Paris cumulait plus de 30 000 euros de retraites diverses et traitements, je croyais que ce qui importait c’était surtout le sentiment du travail bien fait.

Beaucoup d’élus nous donnent des leçons mais ne devraient-ils pas se les appliquer à eux mêmes.

Bertrand Delanoë a pu bénéficié ainsi de l’ancien système de retraite des sénateurs qui leur permettaient de demander leur retraite avant 60 ans et a touché en plus de ses indemnités de Maire et avant d’atteindre  60 ans une retraite supérieure à 1800 euros mensuels. Il n’est pas le seul Maire à avoir cumulé ainsi retraite et indemnités d’élus, c’est aussi le cas du Maire de Bordeaux.

On nous parle d’égalité, mais un-e parlementaire ayant exercé deux mandats, soit au bout de dix ans, touche à 60 ans une retraite de 3 096 euros par mois. Pour 80% d’entre eux, cela se cumule avec d’autres retraites.

La Ville de Paris verse 3,9 millions d’euros chaque année à ses anciens conseillers municipaux retraités. C’est l’équivalent d’une bonne centaine d’emplois. Des retraites qui se cumulent le plus souvent avec d’autres retraites et qui pour les conseillers élus avant 1992 ne sont pas imposables.

 

Il est normal que les élus puissent bénéficier d’indemnité et de retraites. La démocratie à un coût… mais des cumuls aussi importants et des avantages de ce type, c’est inacceptable !

Il doit y avoir des limites au cumul entre emplois, indemnités d élus et retraites…

 

Certes, c’est bien peu par rapport à ce que touche les anciens dirigeants du privé.

L’Oreal paie une retraite de 3,4 millions par an à L. Owen-Jones

Vinci paie une retraite de 2,2 millions par an à A. Zacharias

Aventis paie une retraite de 1,8 million par an à I. Landau.

St Gobain paiera une retraite de 1,5 million par an à J.L. Beffa

Mais là il ne s’agit pas d’argent public, encore que c’est le gouvernement qui a sauvé les banques et les actionnaires !

Et si maintenant on pensait aux agents de catégorie C, aux non titulaires, aux polypensionnés, aux anciens chômeurs, aux femmes, aux métiers pénibles, aux étudiantes, aux cheminots, aux gardiennes d’immeubles, aux retraités ?

Je serai en grève le 7 septembre. Des collègues antillais me disent qu’il faudrait être unis et déterminés comme le LKP en Guadeloupe. Ca me fait un peu peur de me lancer dans un mouvement qui se prolongerait, mais ç’est peut-être indispensable.

Je me dis aussi que le gouvernement va sans doute reculer un tout petit peu après le 7 septembre… mais il faut vraiment obtenir le retrait de ce projet de loi et des négociations pour améliorer nos retraites.

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