Le Parisien: Une toile de Basquiat vandalisée au MAM

Publié le

leParisien.fr 

DÉGRADATIONS.

Une toile de Basquiat vandalisée au musée d’Art moderne de Paris

Six mois après le vol de cinq toiles demaître, dont un Picasso, un tableau de Jean-Michel Basquiat a été dégradé par des traces de feutre.

 

VIOLETTE LAZARD | 11.11.2010, 07h00

Le directeur du musée d’Art moderne (MAM) de la Ville de « ne se l’explique pas ». Mais surtout, Fabrice Hergott « se serait bien passé de cette série noire ». Six mois après le spectaculaire en pleine nuit de cinq toiles de Picasso, Matisse, Braque, Léger et Modigliani, le MAM a de nouveau porté plainte hier pour vandalisme et dégradation d’œuvre d’art.

Une partie de la toile « Cadillac Moon 1981 » de Jean-Michel Basquiat, artiste américain exposé au MAM depuis le 15 octobre, a été raturée de petits traits au feutre. Le tableau de cet artiste graffeur, d’origine portoricaine et haïtienne à New York en 1988 à l’âge de 27 ans, a été décroché hier soir.

43 agents de surveillance supplémentaires

« C’est une restauratrice qui passe régulièrement dans l’exposition pour vérifier les œuvres qui a remarqué cette dégradation, détaille le cabinet du maire Bertrand Delanoë. Nous avons été alertés lundi, mais nous ne pouvons pas dire avec précision à quand remontent les faits. Mais, selon toute vraisemblance, ils ont été commis pendant la journée par un des visiteurs. »

Depuis le début de cette exposition qui a déjà accueilli 65000 personnes — un record dans ce musée installé dans une des ailes du palais de Chaillot —, les mesures de sécurité ont pourtant été renforcées. « Cet événement est très important dans le monde de l’art, c’est la première fois que l’œuvre de Jean-Michel Basquiat est ainsi mise en valeur en France, explique Fabrice Hergott. Nous avons donc fait le maximum. Nous avons notamment fait venir 43 agents de surveillance en plus des 100 déjà présents au MAM. » Des détecteurs d’approche ont également été installés par le musée sur certains tableaux. « Et un cabinet d’expertise a jugé nos mesures très satisfaisantes, conclut le directeur. Cette dégradation est vraiment déconcertante… Il faut d’ailleurs rappeler qu’elle est petite et difficilement visible à l’œil. Il s’agit de traits de feutre d’un ou deux centimètres. »
Le Supap-FSU, syndicat très implanté dans les onze musées gérés par la Ville de Paris et qui dénonce régulièrement le manque d’effectifs, reste lui aussi perplexe. « Le musée n’a pas de chance, il y a énormément de visiteurs, un agent ne peut pas surveiller tous les tableaux », commente-t-il, laconique.

 

 

Publié dans MUSEES

Commenter cet article