Le Parisien: Le bras de fer est commencé

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LE PARISIEN

 

Lundi 6 Septembre 2010 Edition Abonnés - Paris SOCIAL

 

Bras de fer sur l'ouverture des bibliothèques le dimanche

 

 Les Parisiens privés de lecture dominicale! Impossible hier d'emprunter un livre dans l'une des trois bibliothèques et médiathèques municipales habituellement ouvertes le dimanche. François-Truffaut (1er), Marguerite-Yourcenar (XV e) et Marguerite-Duras (XXe) sont restées fermées toute la journée.

 

Et la scène devrait se reproduire dimanche prochain, voire les semaines suivantes. En cause : une grève des bibliothécaires lancée par sept syndicats (CGT, FO, CFTC, CFDT, Supap, UCP et Unsa). Ils réclament une augmentation de leur prime du dimanche. Accordée pour chaque dimanche travaillé, cette prime vient d'être augmentée. Elle est passée de 75 € brut (environ 60 € net) à 75 € net. Pas assez pour les bibliothécaires.

 

« Nous réclamons une prime de 100 € net par dimanche travaillé », explique Pauline Darleguy, l'une des salariées grévistes. Gare à la méprise, les bibliothécaires ne rechignent pas à la tâche. « Nous sommes d'accord pour travailler le dimanche. Mais nous réclamons une vraie compensation salariale », estime Aude Gibaud, une gréviste. Les bibliothécaires en font une question de principe. « Nous sommes organisés en roulement et nous ne travaillons donc qu'un dimanche sur cinq, souligne Muriel David. Je ne vais pas payer mon loyer avec ces 25 € supplémentaires tous les 35 jours.

 

Mais c'est une question de symbole, de reconnaissance de notre travail ».

 

Leur employeur estime avoir déjà fait des efforts. « Les horaires de travail viennent d'être réduits de deux heures. Et, dans le même temps, nous avons augmenté la prime », rappelle un membre du cabinet de Maité Errecart, adjointe au maire de Paris en charge du personnel. Du coup, selon elle, les bibliothécaires bénéficient aujourd'hui d'une « majoration de leur salaire de base de 130%, autrement dit leur salaire est plus que doublé le dimanche. C'est mieux que ce qui se pratique dans le privé, lorsque les commerces ouvrent le dimanche. » Les grévistes ne sont pourtant pas prêts à rendre les armes. Un préavis est d'ores et déjà déposé pour dimanche prochain. « Nous avions prévenu avant l'été que si la prime n'était pas revalorisée à 100 €, il y aurait cette grève. Elle est reconductible jusqu'à ce nous ayons gain de cause », souligne Laure Lethel, syndicaliste CFDT à la mairie de paris. Le bras de fer ne fait que commencer. Il va falloir s'habituer à trouver portes closes le dimanche.

 

Car, du côté de la mairie, on assume: « Des revalorisations ont déjà eu lieu.

 

Nous n'avons pas l'intention de bouger de nouveau sur la prime. »

 

Boris Cassel

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