BIBLIOTHEQUES/SECTEURS : DIX QUESTIONS SUR L'AVENIR DES BIBLIOTHEQUES A PARIS ET DE LEURS PERSONNELS

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 La Direction des Affaires Culturelles veut proposer une nouvelle réforme des bibliothèques ; la « sectorialisation » ; sans tirer le bilan des précédentes. C'est une véritable inflation d'instances et de structures administratives qui touche depuis plusieurs années le bureau des bibliothèques.

 La création future de quatre postes de « coordinateurs » va renforcer  un fonctionnement où quelques experts, dont la tâche principale est de faire appliquer leurs idées, pensent pour le plus grand nombre. On peut douter non seulement du bon sens de cette méthode mais aussi de sa viabilité si le but est de permettre un meilleur fonctionnement du réseau. A moins, bien sûr, de penser que l'objectif est ailleurs ? Nous soumettons notre questionnement à l'ensemble de nos collègues et nous le porterons à la connaissance de la direction.

 

1) Quel impact auront les futurs secteurs sur les effectifs ?

Les fameux « effectifs cible » qui sont attendus pour chaque bibliothèques depuis des années, seront ils calculés pour l'ensemble du secteur et donc revus à la baisse pour satisfaire aux objectifs actuels de la Mairie de Paris ?


2) Que signifie le terme de « mobilité exceptionnelle ?

Nous sommes opposés à la mutualisation, mais nous demandons à la direction de préciser exactement  ce qu'elle entend par « mobilité exceptionnelle » dans le cadre du secteur, notion que le bureau des bibliothèques n’aura pu imposer au groupe de réflexion qu’après trois réunions de travail ?

3) Comment seront organisés les mouvements et les mutations ?

 

L'affectation des personnels dépendra t-elle du BRH ou du chef de secteur ? Le choix  des personnels pour une bibliothèque sera t'elle le fait du coordinateur ou du responsable d'établissement ? Le chef de secteur pourra t-il imposer son candidat ?

Les personnels demandant leur mutation devront-ils se présenter aussi au chef de secteur, pour arriver ou pour partir ?

Existera t-il des mouvements de personnels internes au secteur programmés ou sauvages ?

Les mutations au sein d'un secteur primeront-elles sur une mobilité sur l'ensemble du réseau ? A terme, on peut le penser car dans les autres directions de la ville organisées en circonscriptions, on constate très peu de mobilité d'une circonscription à l'autre.

4) Quels seront les liens et rapports hiérarchiques entre les quatre coordinateurs et le SPR ? A quoi servira t-il dans cette nouvelle configuration ?

De combien de cadres très supérieurs, oeuvrant dans la sphère du bureau des bibliothèques, la direction actuelle pense t'elle avoir besoin pour fonctionner ? N'y en a t-il pas déjà trop  qui se marchent dessus et veulent encadrer et diriger les bibliothèques ?

Si le SPR doit perdurer, quelle serait alors son utilité?

5) Quels sont les liens réels entre le SPR et le SDE ?

Pour la politique documentaire, par exemple, qui décide ? Et comment ? Il est temps que la direction nous communique un bilan sur le fonctionnement de ces deux structures.

6) Quels seront les budgets d’acquisitions ?

Qui va décider de leur répartition ? Se feront elles par secteur ou par établissements? Quelle place sera laissée aux bibliothèques ?

 

7) Quel avenir pour les animations ?

Les projets d'animation vont-ils être à l'initiative des bibliothèques ou du responsable de secteur ? Les budgets seront-ils définis par secteur ou par établissement ? Par projets ?

Y aura t-il des projets entre des bibliothèques de secteurs différents ? Quelle organisation transversale entre les différents secteurs ?

 

8) Quel avenir pour le réseau à plus long terme ?

 

Si ce projet passe, les personnels et les bibliothèques seront éclatés dans quatre entités séparées. Quel avenir pour un fonctionnement en réseau. Quel avenir pour les petites bibliothèques ?

 

9) Quel rôle pour le bureau des bibliothèques ?

Aujourd'hui, force est de constater qu’on ne sait plus qui fait quoi. Personne à la direction n'est jamais responsable, surtout quand il y a un problème. C'est le bilan que nous pouvons tirer de dernières années.

Le bureau des bibliothèques ne servira t-il plus qu'à maintenir un équilibre précaire entre toutes ces structures, dont la principale conséquence sera un fonctionnement coûteux en cadres et en réunions ? Il y a là une véritable contradiction  avec les restrictions  budgétaires municipales.

La multiplication des acteurs et des instances est-elle   le choix affirmé de la DAC et de la ville  de la rupture entre les acteurs de terrain et les décideurs.

 

10) En cas de crise, les quatre futurs coordinateurs seront ils aussi les premiers fusibles ?

 

Même si aucun projet officiel n'a été communiqué aux organisations syndicales, c'est bien une usine à gaz qui se profile, premier pas vers les plans de déconcentration  de la Ville de Paris.

C'est aussi  une vision de cadres estampillés « experts de la lecture publique » qui doit être en adéquation avec le consumérisme et le prêt à porter culturel de la société actuelle. Nous ne saurions entériner une telle dérive.

Nous pensons que les personnels des bibliothèques de la Ville de Paris doivent donner leurs avis sur ce futur projet. C'est pourquoi nous comptons organiser une vaste consultation soutenue par  un vote

Le SUPAP-FSU va contacter les autres organisations syndicales pour les associer à cette initiative.

 

N’hésitez pas à cliquer :

 

http://dacsupap.over-blog.org/article-lettre-ouverte-aux-chefs-d-etablissements-45546976.html

 

http://dacsupap.over-blog.org/categorie-11379583.html

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