AFP: Semaine décisive pour le procès Chirac

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Semaine décisive pour Chirac dans le dossier des emplois fictifs


 

 Par Philomène BOUILLON

   PARIS, 25 sept 2010 (AFP) –

 

Semaine décisive pour Jacques Chirac, renvoyé devant la justice dans le dossier des emplois fictifs à Paris: les dates du procès seront connues vendredi, quatre jours après le feu vert attendu des élus de la capitale au projet d'indemnisation de l'actuelle municipalité PS. Lundi, le Conseil de Paris va tourner une page importante de l'histoire de la ville en validant le protocole d'indemnisation conclu entre les avocats de l'ancien président de la République et ceux de la municipalité. La majorité des élus voteront pour.
La ville récupérera exactement 2.218.072,46 euros et renoncera du même coup à être partie civile au procès, ce qui mettra Jacques Chirac dans une position plus favorable. Il fera face à un banc des victimes déserté, en plus d'une accusation vraisemblablement passive, le parquet ayant requis un non-lieu dans la procédure.
Sur ces 2,2 MEUR, 1,65 million devrait être versé par l'UMP, qui a succédé au RPR de Jacques Chirac, et 550.000 euros par l'ancien président, en guise de dédommagement pour 21 emplois présumés de complaisance rétribués sur fonds publics du temps où il officiait à l'Hôtel de ville.
Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, a justifié à plusieurs reprises son choix d'accepter ce remboursement avant le procès, estimant qu'"il ne faut pas confondre justice et vengeance".
"Je me contente d'être rigoureux, juste et de défendre les intérêts financiers et moraux des Parisiens", avait-il dit fin août à l'université d'été du PS, appuyé par de nombreux ténors socialistes.
Dans l'hémicycle parisien, le vote s'annonce comme une formalité puisque une écrasante majorité des 163 élus voteront pour: le groupe PS (77 élus), PCF-PG (10 élus), UMP (51), Nouveau centre (11 sur 12).
L'élue NC du Xe, Lynda Asmani ne prendra cependant pas part au vote. Et l'unique élu Modem Jean-François Martins votera contre, parce que selon lui, "la ville nie son ambition d'obtenir justice et vérité".
Plus dur à avaler pour Bertrand Delanoë, les 9 élus Verts, d'habitude alliés de l'exécutif, voteront contre ce protocole qu'ils qualifient de "faute politique" et de "déni de justice". Ils ont accusé le maire et l'UMP de "s'être mis d'accord en catimini".
Le principal syndicat d'employés municipaux de la Ville, le Supap-FSU, a aussi annoncé vendredi qu'il voulait se constituer partie civile si la ville ne l'est plus. "Les sommes dépensées représentent des dizaines d'emplois qui auraient pu  améliorer le service public et les conditions de travail des agents", argue le syndicat.
Pendant le vote lundi matin, le collectif "Sauvons les riches" a prévu de manifester devant la mairie avec l'association anticorruption "Anticor".
Vendredi, c'est une nouvelle audience de fixation du procès se tiendra devant la 11e chambre correctionnelle de Paris.
Son président, Dominique Pauthe, décidera alors s'il maintient le procès aux dates fixées lors d'une précédente audience, du 8 novembre au 8 décembre, ou s'il le reporte à début 2011, afin de joindre au dossier parisien une procédure similaire en cours à Nanterre.
Une source judiciaire a fait savoir la semaine dernière que le parquet de Paris allait demander le report, dans l'attente du renvoi ou non de Jacques Chirac en correctionnelle pour cette affaire de Nanterre. Me Jean Veil, avocat de l'ancien président, a estimé mardi sur Europe 1 que le procès se tiendrait "probablement" en janvier ou février.
    
  

Publié dans Ville de Paris

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