Lettre ouverte à Mr Delanoë, maire de Paris

Publié le par Collectif wifi

Monsieur le maire de Paris,

Par la présente, nous tenons à nous élever publiquement contre les propos scandaleux tenus par Monsieur Lionel BORDEAUX, présenté sur le site internet de LCI comme le responsable du service presse de la mairie de Paris. Faisant suite à la controverse concernant le développement du Wifi dans les bibliothèques et les musées, cette personne a, sembletil, tenu des propos publics peu amènes à notre endroit. Nous osons espérer qu’il ne s’agit pas là de l’expression de la position officielle de la mairie de Paris.

Si nous revendiquons, pour les structures que nous représentons, le qualificatif de « très militantes », celui de « très opportunistes », dont il nous affuble pour mieux nous présenter comme responsables des maux dont souffrent les fonctionnaires de la Ville de Paris, inutilement exposés aux champs électromagnétiques générés par l'installation de bornes WiFi dans certains lieux clos, est totalement inacceptable.

Surtout lorsqu’il sert à « démontrer » « qu'il y avait quelque chose de volontairement inquiétant de la part de ces associations. Ils ont monté une campagne qui favorise l'inquiétude et l'irrationalité. »

Chacun sait que les procès en sorcellerie sont utilisés par ceux qui, justement, ne disposent pas d’arguments rationnels. La vacuité des arguments de Monsieur BORDEAUX est manifestement le symptôme, si ce n’est la preuve, d’une profonde méconnaissance du sujet.

L'ensemble des participants au Comité d'Hygiène et de Sécurité de la Direction des Affaires Culturelles de la ville de Paris qui a émis le voeu de surseoir à l'installation de nouvelles bornes Wifi dans les lieux clos, ont plutôt reconnu que le débat préalable à cette décision fut de bonne tenue dans le respect des acteurs en présence. L'animation de très grande qualité faite par Monsieur Christophe GIRARD, maireadjoint, a permis l'émergence d'un consensus salué par tous les acteurs présents à l'occasion de ce CHS. Il est donc regrettable que cette question qui nécessite une bonne maîtrise technique du sujet et demande une capacité d’écoute, sombre dans la polémique la plus stérile.

Dans ce même article publié sur le site de LCI, Monsieur BORDEAUX indique que «dans un établissement, il y avait une borne qu'on pensait avoir débranchée. Les gens affirmaient ne plus avoir mal à la tête. Or on s'est aperçu ensuite que la borne était toujours active ». Cette assertion est purement et simplement fausse. Nous nous étonnons que le responsable du service presse de la Mairie de Paris puisse faire valoir des arguments mensongers, pour étayer la thèse de l’irrationalité et de la peur qui seraient portées par nos associations. A titre de rectificatif, vous noterez que « les gens » qui « affirmaient ne plus avoir mal à la tête » ont eu, au contraire, l'honnêteté intellectuelle d'écrire sur le cahier du CHS qu'elles continuaient à souffrir de maux de tête malgré l'annonce faite à l'époque par la mairie de Paris d'un arrêt des bornes. Or, il s'est avéré que la mairie de Paris n'avait pas éteint, comme annoncé, les bornes incriminées. Cette anecdote permet de lever tout doute quant à un éventuel effet psychosomatique.

Il s’agit donc d’une accumulation d’accusations sans preuves contre les structures que nous représentons aussi bien que contre les déclarations des personnels des bibliothèques. Nous espérons que vous saurez vous en désolidariser publiquement.

Monsieur DELANOE, votre souhait de faire de Paris une ville numérique ne doit pas devenir un dogme intangible. Un certain nombre d'études portant sur l'utilisation des téléphones portables démontrent des effets sanitaires après seulement dix ans d'utilisation. Etesvous prêt à vous engager formellement sur l'absence de risques immédiats et à long terme issus d'une exposition chronique aux champs électromagnétiques générés par le WiFi ? Si la réponse est négative, nous considérons que le recours au réseau câblé doit être privilégiée à l'idéologie du « tout sans fil ».

Dans l'attente d’une rencontre que nous appelons de nos voeux permettant de contrebalancer les propos fort discourtois de votre responsable du service presse, nous vous prions d'agréer, Monsieur le maire de Paris, l'expression de nos sentiments distingués.

Jeudi 13 décembre 2007,

Stéphen KERCKHOVE, délégué général d'Agir pour l'Environnement

Janine LE CALVEZ, présidente de PRIARTéM

Marie Claude SEMEL – SUPAPFSU Affaires culturelles

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