Travailler et cotiser plus pour gagner moins

Publié le par Françoise

TRAVAILLER ET COTISER PLUS POUR…
…GAGNER MOINS !
 
Le président de la République vient de faire un certain nombre d’annonces en matière sociale. Malgré de grandes envolées sur la nécessité du dialogue social et de syndicats forts, Nicolas SARKOZY contraint en réalité les syndicats à négocier un pistolet sur la tempe en décidant des objectifs et du calendrier de la négociation et veut les utiliser pour avaliser ses projets.
Il s’appuierait sur la majorité de l’opinion publique telle qu’elle ressort des sondages et qui considèrerait, par exemple, que les régimes spéciaux doivent être alignés sur ceux de la fonction publique. Quant à l’équité dont il se prévaut pour justifier cette attaque, elle ne concerne ni la police, ni l’armée, et peut-être, ni ceux qui vont voter ces textes, les parlementaires !
Ces régimes spéciaux qui concernent moins de 2,2% des salariés ne pèsent pratiquement pas sur les comptes de la sécurité sociale. Ne s’agit-il pas plutôt de diviser pour préparer une nouvelle "réforme des retraites" en 2008 augmentant encore pour tous les salaries la durée de cotisation pour avoir une retraite complète. Comme cela sera de plus en plus impossible, les pensions en diminueront d’autant !
Le seul choix laissé aux salariés est de travailler toujours plus quand l’employeur le voudra bien ou le demandera !
On nous sert la fable que les fonctionnaires sont des privilégiés. Qui sait que le salaire et la retraite moyenne des agents des collectivités territoriales est largement inférieure à celle des agents du privés (Dans le privé, le salaire mensuel moyen est de 1 848 € et la retraite moyenne de 1 330 € . Dans la F.P.T ils sont respectivement de 1 578 € et de 1 125 €. Cela tient tout simplement au fait que dans la territoriale, la très grande majorité des agents, près de 80%, sont de catégorie C).
 
NOUVEAU CONTRAT SOCIAL OU DESTRUCTION DU CODE DU TRAVAIL ET DU STATUT DE LA FONCTION PUBLIQUE ?
 
Le président de la République prétend combattre la précarité du travail en prônant des mesures qui, toutes, auront pour conséquences de l’accroître, alors même que la productivité du travail en France est une des plus fortes au monde.
 
Dans le privé, augmenter la période d’essai, favoriser les licenciements, déréglementer la durée légale du travail, refondre le contrat de travail, ce programme ressemble comme deux gouttes d’eau aux revendications du M.E.D.E.F.
Instaurer dans la fonction publique le choix d’un contrat de droit privé, supprimer les concours de recrutement, instaurer un pécule pour partir vers le privé, individualiser les salaires, sont des mesures qui ont pour but de démanteler les statuts et les services publics.
Notre système social ne serait pas tenable financièrement. Si tous les gains de productivité continuent à être accaparés par les actionnaires comme c’est le cas depuis 25 ans avec une augmentation de 11 points de la part des profits au dépend des salaires, c’est sur qu’on ne s’en tirera pas.
Les stock-options qui ne sont pas soumises à cotisations sociales continueront ainsi à voler la sécurité sociale de 3 milliards d’euros par an. Et que dire des cadeaux fiscaux qui ont été accordés aux plus favorisés en juillet dernier. Leur coût de 13 à 15 milliards d’euro. Cela va augmenter les déficits publics qui sont l’alibi avancé en permanence pour justifier les attaques contre le système de protection sociale de tous et la rigueur imposée aux fonctionnaires.
 
REVOLUTION CULTURELLE OU GUERRE SOCIALE ?
 
La révolution culturelle annoncée par notre président ressemble comme deux gouttes d’eau à la proclamation d’une guerre sociale contre les salariés.
Ne nous y trompons pas, face à des projets porteurs d’une telle régression sociale, la mobilisation unitaire des salariés est l’unique perspective porteuse d’avenir !
 
NOUS NE VOUS FELICITONS PAS
MONSIEUR LE MAIRE !
 
Le Maire de Paris prend pour un sacré encouragement le "triple A" accordé à la Ville de Paris par les trois principales agences de notation financière internationale.
Mais si on y regarde de plus près, ce que saluent unanimement ces agences, ce sont d’abord les efforts de la Ville pour réduire ses frais de fonctionnement et notamment ceux de personnels qui ont été "restreints" dans les services. Selon ces agences en effet, la municipalité s’est dotée d’un "système de gestion qui s’apparente à celui d’une entreprise privée" et la forte augmentation des effectifs en début de mandat a été suivie par un habile redéploiement en jouant sur les départs à la retraite. Bref, comme le résume très prosaïquement l’adjoint au Maire chargé des finances, "on a gratté partout où on pouvait le faire"…
Alors, monsieur le Maire, allez chercher vos encouragements auprès de qui vous voulez, mais ne comptez pas sur ceux des agents qui, chaque jour, subissent les dégradations de leurs conditions de travail, les insuffisances d’effectifs et une réforme de la catégorie C pour laquelle vous êtes loin d’avoir fait tout ce que vous pouviez faire pour gommer les injustices et les iniquités du texte gouvernemental.

DECLARATION DES ORGANISATIONS DE LA FONCTION PUBLIQUE : CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, SOLIDAIRES, CGC, CFTC
Nos organisations se sont exprimées cet été de façon unanime sur les attentes des personnels des trois versants de la fonction publique autour de deux enjeux essentiels : l’emploi public et le pouvoir d’achat.
Nous exigeons que s’ouvrent au plus vite des négociations portant sur la valeur du point d’indice commune à tous, les carrières et la reconstruction de la grille et que les décisions en matière d’emplois public résultent d’un véritable débat sur les missions de services publics.
Elles considèrent que ces demandes sont essentielles non seulement pour les personnels mais aussi pour l’efficacité des services publics, leur amélioration et le développement économique et social.
Jusqu’à présent le gouvernement n’a apporté comme réponse que des conférences qui ne seraient se substituer à ces exigences.
Le Président de la République est demeuré sourd à ces attentes. De plus, face aux annonces du chef de l’Etat, les organisations syndicales réaffirment le lien existant à maintenir entre le statut général des fonctionnaires et les valeurs républicaines.
l Pour le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat et l’ouverture immédiate de négociations salariales.
l Pour un emploi public statutaire basé sur les besoins réels en matière de services publics.
lPour préserver et améliorer le statut de la fonction publique et l’indépendance des personnels.
l Pour un service public de qualité et de proximité répondant encore mieux aux besoins de toute la population.
Nos organisations syndicales appellent d’ores et déjà les personnels à construire une campagne d’actions avec pour objectif l’organisation d’une riposte d’envergure nécessaire et forte pour obtenir satisfaction.
Elles se retrouveront le 1er octobre, à l’issue de la première conférence fonction publique, où elles pourront décider des formes d’une action la plus large à caractère national.

Paris, le 21 septembre 2007

Publié dans SUPAP FSU CULTURE

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