Compte rendu du colloque à l'Assemblée nationale

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Compte-rendu

Colloque téléphonie mobile, Wifi et Santé 

du 12 janvier 2009 à l'Assemblée nationale



Table ronde 1 : Etats des lieux scientifiques sur les problèmes sanitaires


Le principe de précaution faisant parti de la constitution, il advient de le prendre comme argument fort pour arriver à limiter les ondes électromagnétiques.

Le levier le plus fort est celui de la mobilisation de la société civile, c’est le seul moyen vraiment efficace. Les médias doivent également être mobilisés.


Selon le Pr. Johansson (du Karolinska Institute de Stockholm) l’exposition aux ondes est la plus grande expérience in vivo sur la population humaine jamais réalisée. Les effets des ondes sur les cellules sont présents même à des radiations 100 000 fois inférieures aux normes en vigueur.

Le rapport Bio initiative de 2007 compile plusieurs études mettant en évidence les différents effets des champs électromagnétiques sur le biologique.

-Perte des capacités d’apprentissage chez les rats

-Diminution de la fertilité jusqu’à une disparition totale chez la souris

-Effet délétère sur les cellules spermatiques

-Augmentation de la mortalité des rats

-Modification du rythme cardiaque

-Stress cellulaire de la tomate…

Les gouvernements ne reconnaissent que les effets thermiques des ondes alors que de nombreuses études ont montré qu’elles ont d’autres conséquences graves. Les lobbies exercent une pression telle que les politiques adoptent la politique de l’autruche.

Il insiste enfin sur la nécessité de l’indépendance de la recherche.


Selon le Pr. Belpomme, il existe deux types d’affections : 

-affection chronique que l’on peut assimiler aux CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques)

-affection aiguë : syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques pulsés (SICEM)

Effets des champs électromagnétiques sur la santé : 

-mutations génétiques

-Risques pour le fœtus 

-Déficit immunitaire (peut expliquer certains cas de cancers viro-induit)

-Compilés aux UV, les champs électromagnétiques peuvent entraîner des mélanomes…

Le professeur fait la différence entre l’électrosensibilité et le syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques. Il appui sur le fait qu’il vaut mieux parler du syndrome car cela renvoi à une pathologie. Ce dernier fait référence à la question de santé publique alors que le terme d’électrosensibilité ne s’applique qu’à quelques exceptions de malades.


Selon André Ciccolella, dès 2004 plusieurs études montrant l’existence de pathologies induites par les champs électromagnétiques étaient déjà publiées mais largement minorées. Aujourd’hui encore on entend dans les médias qu’il n’y aucun fait scientifique prouvant la nocivité des ondes.

Il exprime sa déception concernant le grenelle de l’environnement où les propositions déposées dans le groupe de travail ont été totalement vidées de leur contenu. Seul reste une mise à l’étude d’un dispositif de médiation. Le projet de constitution d’une commission de haute surveillance de l’alerte et de l’expertise a disparu.

Il souhaite que la politique de santé environnementale soit réellement basée sur le principe de précaution. Il souhaiterait qu’un grenelle de la santé environnementale ait lieu.

Il annonce enfin le lancement d’un « réseau environnement santé » le 28 janvier 2009. Ce réseau réunira des ONG, scientifiques et citoyens. Il aura pour objectif de se doter d’outils en matière de santé environnementale.

Important :

Privilégier la fibre optique

Mettre en avant les conséquences financières liées au remboursement de frais si le nombre de malades augmente

Agir sur les causes de la maladie et non les conséquences

Préserver des zones blanches et périodes blanches le jour et la nuit

Ne pas interdire le portable mais poser des limites (0.6 v/m)



Table ronde 2 : La réglementation en France et en Europe : les évolutions juridiques


Selon Richar Forget (avocat de Robin des toits), les recours pour trouble anormal du voisinage sont efficaces. La jurisprudence évolue plus rapidement qu’il ne le pensait.

L’objectif est d’obtenir un statut de travailleur handicapé pour les personnes atteintes du syndrome. Mais également d’obtenir le retrait de toutes les antennes relais sur les toits des écoles ou à proximité. Enfin, il souhaite le démontage des antennes quand le seuil mesuré sera supérieur à 0.6 v/m.


Rappel : 


La directive européenne du 15 décembre 2004 et le décret du 18 octobre 2006 précisent que l’exposition aux ondes radio électriques ne doit pas dépasser la valeur limite de 3 V/m pour éviter tout risque de dysfonctionnement de divers appareillages, parmi lesquels plusieurs appareils d’assistance médicale.


Le décret du 3 mai 2002 autorise 41V/m pour les antennes à 900 MHz, 58V/m pour les antennes à 1800 MHz et 61 V/m pour les antennes à 2100 MHz. Ces seuils d'expositions autorisés sont irréalistes et les plus élevés au monde. Ce décret ne protége en aucun cas la population. Les normes ne sont basées que sur des recommandations ne prenant en compte que les effets thermiques des micro-ondes pour des expositions de 6 mn maximum et non 24h/24 ! Ce décret est illégal car il est contradictoire tant vis-à-vis de la directive européenne que vis-à-vis du décret de 2006.


La résolution du Parlement européen du 4 septembre 2008 sur l'évaluation à mi-parcours du plan d'action européen en matière d'environnement et de santé 2004-2010 demande au Conseil Européen de fixer « des valeurs limites d'exposition plus exigeantes pour l'ensemble des équipements émetteurs d'ondes électromagnétiques dans les fréquences entre 0,1 MHz et 300 GHz ».


Selon Michèle Rivasi, les marges de manœuvres sont assez grandes au niveau des collectivités. Elle a fait passé au sein du conseil municipal de Valence un arrêté municipal interdisant les stations de base de téléphonie mobile dans un rayon de 100 mètres autour des écoles et des crèches. 

Elle précise également que les éluEs peuvent faire acheter à leur mairie des instruments de mesure des ondes afin de pouvoir faire des contrôles de manière indépendante. Enfin, elle indique qu’une convention avec la CRIIRAD peut être passée dans chaque marie afin de former les agents de la ville qui auraient la mission de faire les relevés.

Elle compte sur l’association des Maires des grandes villes pour voir évoluer les choses. Si jamais une décision était prise à ce niveau, la législation nationale ne serait pas autant utile qu’aujourd’hui.


Selon Etienne Cendrier, il n’y a aucune volonté politique dans le gouvernement pour abaisser les seuils d’exposition.

Il rappelle les revendications de Robin des toits : 

-Limitation des seuils d’exposition publique à 0.6 V/m

-Application d’un moratoire sur l’UMTS (ou 3G)

-Interdiction de la vente du téléphone portable aux enfants de moins de 14 ans, associé au lancement d’une campagne d’information

-Reconnaissance par l’Etat du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques comme handicap lié à la pollution électromagnétique

-Mise en place de la connexion filaire ou fibre optique pour tous les accès Internet ADSL. Le WIMAX et le WIFI sont donc abandonnés.

-Réalisation des mesures de champs électromagnétiques par des sondes de mesures en continu en liaison avec des experts indépendants

-Affichage du DAS (W/kg) sur tous les téléphones portable, associé à une campagne d’information sur les risques.



Table ronde 3 : Electrohypersensibilité : description du handicap et solutions possibles


Selon le Pr. Le Ruz (Président du CRIIREM), l’électrosensibilité est reconnue en Suède comme un handicap professionnel mais pas comme une maladie.

Les perspectives relative au nombre d’électrosensibles sont alarmantes : d’ici 2020 le nombre actuel d’électrosensible (3.5% de la population) pourrait être multiplié par 90%. Mais ces chiffres sont à relativiser.

En Espagne, des écovillages sont en train d’être créés. Aucun champ magnétique n’y sera émis et ils pourront accueillir les électrosensibles. Des ghettos modernes ?

Au USA, des manifestations de personnes électrosensibles sont de plus en plus nombreuses et violentes. Au problème de santé public, il pourrait se rajouter le problème d’ordre public.


Selon le Pr. Belpomme, aucune description symptomatologique du syndrome n’a encore été faite. Il essaie avec son équipe de la réaliser, ses premières recherches sont les suivantes : 


C’est un syndrome neurologique et non allergique qui est composé de 3 phases successives : 

Phase inaugurale : (période de stress)

oCéphalées

oTroubles de la sensibilité superficielle et/ou profonde (vertige)

oDéficit d’attention ou de concentration (absence et trouble de la mémoire)


Phase d’état : (atteinte superficielle du système nerveux central)

oInsomnie

oFatigue

oDépression

A ce moment, la maladie s’installe de manière plus permanente, des troubles du comportement apparaissent.


Evolution :

oRégression possible, avec séquelles ?

oAtteintes dégénératives du système nerveux central : désorientation spatio-temporelle, perte de la mémoire immédiate, syndrome confusionnel (évoque Alzheimer)…

oCancer ou rechute à plus ou moins long terme ?


Chez l’enfant : retard scolaire, trouble de l’attention et du comportement.


Existe-il une base génétique ?

Les symptômes sont accentués par : les endoprothèses métalliques (pacemaker), les exoprothèses métalliques (plombage dentaire), une intoxication par les métaux lourds.




Pour info, le 5 février aura lieu l’évènement : 3 jours sans téléphone portable.

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