Pourquoi les mesures effectuées sont remises en cause ?

Publié le par Daniel OBERHAUSEN Consultant

Les nombreux problèmes apparus lors de l'introduction du Wi-Fi, dans les bibliothèques parisiennes et un peu partout dans le Monde pourraient en effet provenir, en partie, d'erreurs au moment de l'installation et surtout du paramétrage des balises. Mais la question des mesures doit d'abord être traitée.

 
Avant que n'apparaissent très massivement les stations-relais de téléphonie mobiles les nuisances produites par les émissions radioélectriques étaient simplement évaluées à l'aide d'une sonde isotrope à large bande (100 kHz – 3 GHz). Ce dispositif donnait toute satisfaction et20permettait par exemple d'éviter de pénétrer sur une terrasse où se situait un émetteur FM. Les plaintes étaient très rares et les antennes incriminées, peu nombreuses, pouvaient facilement être repérées. Il restait bien entendu certaines expositions professionnelles (radar, militaires...) pour lesquelles des explorations plus poussées étaient effectuées.

L'irruption de la téléphonie mobile et les plaintes des riverains d'antennes ont amené l'Agence Nationale de Fréquences à rédiger un protocole de mesure dont la version actuelle (Version 2.1 – Edition 2004 – ANFR/DR-15) permet de répondre de façon assez satisfaisante aux questions concernant la nuisance des stations-relais, même si certaines critiques peuvent être formulées. Les points importants concernent l'analyse spectrale, l'isolement des fréquences descendantes et, surtout, l'extrapolation au maximum de trafic, il convient de se reporter directement au document disponible sur le site de l'ANFR pour en savoir plus.
 
En ce qui concerne le Wi-Fi le protocole actuel se borne à explorer la bande « RADARS – BLR dont wifi – FH (2200 à 3000 MHz) » ce qui ne répond pas aux nouvelles questions apparues avec la prolifération récente de cette technique. Il convient en effet, dans ce nouveau contexte, de rédiger un protocole permettant d'isoler les fréquences Wi-Fi (autour de 2,5 GHz), comme on le fait pour le GSM et l'UMTS, et d'examiner la situation d'exposition au maximum de trafic. On a longtemps pensé que des niveaux faibles ne pouvaient pas produire de symptômes mais on sait aujourd'hui que cette hypothèse doit être rejetée.

La nuisance Wi-Fi provient à la fois des points d'accès (balises) et des équipements terminaux (PC portables...) et il faut d'abord limiter celle concernant les balises lors de la mise en place. Les restrictions de base (décret du 3 mai 2002) limitant à 2 W/kg le DAS (moyenne tête et tronc) sont totalement insuffisantes car elles sont satisfaites dès que E < 61 V/m alors qu'une PIRE légale (Puissance Isotrope Rayonnée Equivalente) de 100 mW ne donne que 14 V/m à 12 cm de la balise, on peut donc faire n'importe quoi et respecter le décret !


Si on choisit 100 mW de sortie maximale lors du paramétrage on peut avoir cependant une émission illégale car l'antenne d'émission possède un gain et, dans le lobe principal, la PIRE dépassera 100 mW à certains moments. Avec une antenne de gain G = 5,2 dBi par exemple il faudra limiter la puissance de sortie maximale à 30 mW pour respecter la limite, une erreur de paramétrage de cette valeur peut être grave.


Cette valeur maximale étant fixée, le débit des données déterminera la PIRE effective qui va varier en fonction du flot, sa moyenne sera élevée quand de nombreux terminaux fonctionneront. Il faut chercher le meilleur débit possible sous les contraintes précédentes et, contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'est pas toujours amélioré en augmentant le nombres des balises. En effet le protocole CSMA/CA oblige des balises trop nombreuses et trop proches à émettre pour rien – et à augmenter la nuisance - simplement pour pallier les collisions de paquets. Il existe en fait un optimum : « ni trop, ni trop peu de balises ». C'est l'obtention du meilleur compromis qui caractérise une étude soignée des emplacements et des réglages.

La toxicité des émissions hertziennes considérées tient en partie aux basses fréquences lesquelles sont liées, entre autre, à la taille des trames. Lors du paramétrage il faut judicieusement choisir les valeurs limites de fragmentation des paquets afin de limiter la probabilité de certaines occurrences.
 
Pour évaluer la nuisance Wi-Fi dans l'esprit de ce qui est fait pour le GSM et l'UMTS dans le protocole ANFR, il faut chercher la plus grande valeur d'exposition en un lieu de travail et donc, d'une part, se placer près d'une balise avec un flot maximum et, d'autre part, mesurer ou simuler la présence du nombre maximum de terminaux lesquels contribuent de manière importante à la nuisance. Les analyseurs de spectres actuels permettent d'effectuer une telle évaluation mais il nous faut attendre un nouveau protocole. Certains laboratoires universitaires ont déjà abordé ces question.
Bien sincèrement

Publié dans wifi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article